Chateaubriand visionnaire

Chateaubriand visionnaire
20 avril 2017 Editions de Fallois

 

Parution : 24/01/2001

Format : 155 x 225 mm

160 pages

EAN : 9782877064040

Prix : EUR

Chateaubriand visionnaire

Chateaubriand

Ont participĂ© Ă  ce colloque: MM. Paul BĂ©nichou, Guy Berger, Gabriel de Broglie, Jean-Paul ClĂ©ment, Jean Cluzel, l’abbĂ© Bernard HeudrĂ©, Jacques Julliard.

En appendice est publiée une étude de M. André Damien.

 

Chateaubriand fut Ă  sa maniĂšre un prophĂšte des temps modernes. Tels sont bien le sens et la portĂ©e des pages finales des MĂ©moires d’outre-tombe, testament de l’avenir lĂ©guĂ© Ă  l’avenir lui-mĂȘme.

À la veille de la rĂ©volution de 1830, il Ă©crit: «Pourquoi la Providence ne lĂšve-t-elle pas quelquefois un coin du voile qui couvre l’avenir! Elle donne, il est vrai, Ă  certains hommes, un pressentiment des futuritions; mais ils n’y voient pas assez clair pour bien s’assurer de la route; ils craignent de s’abuser, ou, s’ils s’aventurent dans des prĂ©dictions qui s’accomplissent, on ne les croit pas. Dieu n’écarte point la nuĂ©e du fond de laquelle il agit; quand il permet de grands maux, c’est qu’il a de grands desseins ; desseins Ă©tendus dans un plan gĂ©nĂ©ral, dĂ©roulĂ©s dans un profond horizon hors de la portĂ©e de notre vue et de l’atteinte de nos gĂ©nĂ©rations rapides.»

Dans un passage de l’Essai sur la littĂ©rature anglaise (1838), on peut lire : «Il est donc puĂ©ril de se lamenter sur des accidents qui produisent ce qu’ils sont destinĂ©s Ă  produire : Ă  chaque pas dans la vie, mille lointains divers, mille futuritions s’ouvrent devant nous; cependant, vous n’atteignez qu’un horizon, vous ne courez qu’à un avenir.»

Le colloque qui s’est tenu Ă  la Fondation Singer-Polignac, le 28 juin 2000, a permis de mieux saisir la pensĂ©e de Chateaubriand, Ă  la fois lumineuse et voilĂ©e de ce pessimisme foncier que rĂ©fractent bien des thĂšmes de notre actualitĂ©. Le monde change. La nature survivra-t-elle Ă  l’impĂ©rialisme brutal de l’homme? Quel sera l’avenir des langues-mĂšres qui ont fĂ©condĂ© les grandes civilisations? Si la libertĂ© d’opinion, dont Chateaubriand fut le «patriarche», est bonne, comment peut-elle fonder une grande politique alors que ses avis sont mobiles? Sur quelles valeurs morales s’appuieront les sociĂ©tĂ©s dĂ©mocratiques, individualistes et idolĂątres des intĂ©rĂȘts matĂ©riels?