Fin de partie à Bordeaux

Fin de partie à Bordeaux
25 octobre 2018 Editions de Fallois

 

Parution : 16/01/2019

Format : 155 x 225 mm

320 pages

EAN : 9782877069984

Prix : 22 EUR

Fin de partie à Bordeaux

Allan Massie

Traduit de l’anglais par Christophe MERCIER.

Après Stalingrad et le débarquement américain en Afrique du Nord, l’Allemagne ne pouvait plus gagner la guerre. Désormais, à la veille de l’opération Overlord en Normandie (printemps 1944), on s’interroge seulement sur l’étendue de sa défaite.

Les plus opportunistes se hâtent de changer de camp avant qu’il ne soit trop tard. Les plus lucides voient se profiler les règlements de comptes sanglants de l’après-guerre. Le commissaire Lannes est l’un de ces esprits qui savent pressentir le cours des choses.

Sa hiérarchie l’a mis sur la touche à la demande des Allemands. Chez lui, l’ambiance est morose. Ses enfants sont engagés – par idéalisme – dans des camps ennemis. Sa femme lui en veut d’avoir laissé partir pour Londres l’un de leurs fils, non sans raison puisque le réseau de résistance dont il fait partie « tombera » victime d’une trahison interne.

Pour éviter de sombrer dans la neurasthénie, Lannes accepte de conduire à titre officieux une enquête sur la disparition d’une jeune Bordelaise de milieu aisé. Il retrouvera sans surprise le cloaque qu’il avait déjà si souvent sondé, les turpitudes et les compromissions qui sont de tous les temps mais que le dérèglement de la guerre fait prospérer.

Bientôt tout basculera. Ce sera le déferlement de la haine et de la peur, de la vengeance au service des jeux du pouvoir.

Comme dans tout bon roman historique, les personnages réels s’y mêlent aux créatures imaginaires. Un jeune politicien promis au plus brillant avenir symbolise toutes les ambiguïtés de l’époque. Il s’appelle François Mitterrand. Tout en servant Vichy dont il défend l’utilité, il a déjà donné des gages aux futurs vainqueurs.

Les jeux sont faits mais Allan Massie prend le soin de nous dire ce que chacun de ses héros deviendra sous la IVe République. Le Quatuor de Bordeaux frappe, encore une fois, par sa justesse et sa profondeur.