Le Mort et le Vif (suivi de) Nanterre la Folie

Le Mort et le Vif (suivi de) Nanterre la Folie
8 avril 2017 Editions de Fallois

 

Parution : 24/01/1992

Format : 155 x 225 mm

192 pages

EAN : 9782877060899

Prix : 18,29 EUR

Le Mort et le Vif (suivi de) Nanterre la Folie

Robert Merle

Théâtre III

 

«Des deux pièces que je publie à ce jour, l’une, Le Mort et le Vif, dont l’encre est à peine sèche, se situe à Paris en 1588. La seconde, adaptée de mon roman Derrière la vitre par Sylvie Gravagna, décrit les débuts pittoresques de la “révolution” de 68 de Nanterre.

En 1588, si le duc de Guise avait dû supplanter Henri III, il s’en serait à coup sûr suivi un massacre des protestants à bien plus grande échelle que la Saint-Barthélemy. Il est probable aussi que, saignée par cette atroce guerre civile, la France n’aurait pu empêcher alors Philippe II d’Espagne de la vassaliser, sinon même de la démembrer.

Autant dire que dans Le Mort et le Vif, les enjeux sont si considérables que chacun des deux partenaires se trouve dans l’obligation de faire disparaître l’autre. Les chances des deux protagonistes, dès l’abord, paraissent peu égales. En fait, il n’en est rien. Mais l’intérêt du conte réside moins dans le suspense ainsi créé que dans le sinueux cheminement psychologique qui a amené le plus humain des deux à prévenir le couteau de l’autre.

Quatre siècles plus tard, la révolution de 1968 ne comportait pas de tels enjeux. À la considérer avec le recul du temps, ce fut une brève insurrection étudiante, qui n’arriva pas à entraîner les masses ouvrières, mima plus qu’elle n’imita le combat des Vietnamiens contre les USA, attaqua le pouvoir gaulliste en ne réussissant qu’à le forcer, et s’avéra, malgré la promesse de “continuer le combat”, sans postérité politique et sans leaders, leurs porte-parole les plus doués, à l’exception de Krivine et de ses amis, étant récupérés par les appareils d’État. Elle ne fut pas toutefois sans conséquences: elle libéra le langage et elle modifia durablement les mœurs.» Robert Merle