Les Bucoliques

Les Bucoliques
17 juin 2018 Editions de Fallois

 

Parution : 31/10/2018

Format : 155 x 225 mm

250 pages

EAN : 9791032102084

Prix : 22 EUR

Version ebook :

EAN : 9791032101216

Prix : 16,99 EUR

Les Bucoliques

Marcel Pagnol

Cette traduction des Bucoliques, accompagnée du texte latin, que Marcel Pagnol publia en 1958 à la demande instante de quelques amis, occupe une place singulière dans son œuvre et lui confère une place fort honorable dans la longue cohorte de tous ceux qui transposèrent Virgile en français.

On y trouve à la fois un art poétique, un prolongement des célèbres Souvenirs d’enfance, parus en 1957, et une vibrante défense et illustration des études classiques qui fait écho à l’un de nos grands débats d’actualité.

 

Un art poétique: est-il possible de rendre en vers français réguliers (en l’occurrence, l’alexandrin) l’harmonie du vers latin (l’hexamètre dactylique) sans renoncer à la concision ou sans forcer le sens de l’original ? Pari audacieux, d’autant que, quelques années auparavant, Paul Valéry avait donné une brillante traduction du même texte mais en vers blancs (alexandrins non rimés). Les deux systèmes ont leurs partisans. S’il est vrai que l’on trouve chez Marcel Pagnol une certaine amplification oratoire qui n’est ni chez Virgile ni chez l’auteur de La Jeune Parque, son texte possède une qualité dramaturgique qui retient l’attention. Disons qu’il est plus coloré et qu’il passe mieux à l’oral. En tout cas, le sens est parfaitement rendu et les philologues les plus exigeants ont rendu hommage à sa solide connaissance de la langue latine.

 

Un prolongement des Souvenirs d’enfance: dans une émouvante préface qui est comme un chapitre séparé de La Gloire de mon père, il évoque son frère Paul qui ne voulait vivre qu’au grand air et, bien que pourvu de solides diplômes, choisit la vie de berger dans les collines de Provence. Cette vie n’avait pas beaucoup changé depuis l’Antiquité. Avec son frère, Marcel Pagnol redécouvrit et partagea l’existence des pâtres d’Arcadie: les soins à donner au troupeau, la découverte de la nature et la musique la plus pure, l’harmonica n’étant que la version moderne de la flûte de Pan.

 

Une défense et illustration des humanités: au lycée Thiers de Marseille, on apprenait jadis réellement à lire Horace, Virgile ou Tibulle dans le texte. L’auteur de Topaze n’oublia jamais ce qu’il devait à des maîtres excellents, cités avec émotion et reconnaissance dans sa préface. Plus tard, entre deux tournages ou deux adaptations théâtrales, Marcel Pagnol n’eut pas de mal à se replonger périodiquement dans la lecture de ses poètes latins favoris. Virgile fut donc l’un des compagnons de toute sa vie. Il travailla sporadiquement à sa traduction pendant trente ans. Il déplore à demi-mot l’effacement des « humanités » mais ne croit pas qu’il soit irréversible. Au contraire. Son texte s’achève sur une note d’encouragement.

Les étoiles sont toujours les mêmes. Il suffit de se tourner vers le ciel pour les apercevoir.

«Comme j’ai fait beaucoup de cinéma, remarqua-t-il malicieusement, certains croient que je n’ai pas mon certificat d’études.» Que l’on soit désormais rassuré. Un vrai poète peut nous toucher tout autant lorsqu’il chante les bistrots du Vieux-Port de Marseille ou les campagnes d’Arcadie.

 

Cette réédition est enrichie d’une illustration retraçant la fortune du thème bucolique dans la peinture antique et moderne (Renaissance, Art classique).

Une postface, due à une spécialiste de cette tradition, Mme Stéphanie Wyler, commente ce parcours iconographique.