Les Pacifiques

Les Pacifiques
23 mars 2017 Editions de Fallois

 

Parution : 10/01/2012

Format : 140 x 220 mm

224 pages

EAN : 9782877067683

Prix : 19,00 EUR

Les Pacifiques

FĂ©licien Marceau

La «drĂŽle de guerre», disaient les Français des quelques mois qui prĂ©cĂ©dĂšrent l’offensive allemande de mai 40. La «drĂŽle de paix», auraient pu dire les Belges qui, convaincus de leur neutralitĂ©, se croyaient encore Ă  l’abri des cauchemars de l’Histoire. Le drĂŽle de livre, surtout, que ces Pacifiques, un roman inĂ©dit que Louis Carette  – alias FĂ©licien Marceau – Ă©crivit en 1943 Ă  la suite de Cadavre exquis et qu’il nĂ©gligea bien Ă  tort de publier par la suite, aprĂšs avoir quittĂ© la Belgique dĂšs la fin des hostilitĂ©s.
Un drĂŽle de livre, oui, oĂč tout FĂ©licien Marceau s’annonce dĂ©jĂ , s’attache et tourne avec la mĂȘme ironie malicieuse et bienveillante autour d’une dizaine de jeunes gens – dĂ©jĂ  rencontrĂ©s pour la plupart dans Cadavre exquis – qui sont journaliste Ă  la radio, Ă©crivain, sĂ©ducteur impĂ©nitent, bohĂšme, employĂ© dans des ministĂšres
, qui s’affrontent, s’aiment, s’inquiĂštent des orages qui menacent de les emporter et n’oublient pas non plus de rire ou de se distraire au bord du gouffre, comme pour se persuader un instant que le mot «pacifique» prĂ©serve encore son sens.
Ah! le ton Marceau qui se mĂ©fie des grands mots et des idĂ©ologies! Écoutons-le:
«La vie, la mort, quelle chose Ă©trange, tout cela est trop grand pour les petits d’hommes que nous sommes. C’est un malentendu. Les hommes jouent dans un vaudeville, les Ă©vĂ©nements en font une tragĂ©die. C’était Courteline, c’est devenu Shakespeare. Imaginez-vous cela ? On parlait de caleçons. Il y a un lit sur la scĂšne et une femme dĂ©jĂ  qui enlĂšve sa culotte. Et puis, dans ce lit on trouve un mort. VoilĂ  les hommes et voilĂ  la vie. Il y a une porte dans le fond. On l’ouvre, au lieu d’une salle de bains, au lieu d’une femme nue qui pousse un cri, qui laisse tomber son savon, au lieu de cet horizon rose se lĂšve une aurore abominable oĂč des hommes derriĂšre leurs barreaux hurlent parce qu’on emmĂšne leurs camarades au supplice.»