Comment naquit la guerre de 14

Comment naquit la guerre de 14
12 septembre 2017 Editions de Fallois

 

Parution : 08/11/2017

Format : 155 x 225 mm

384 pages

EAN : 9782877069878

Prix : 22 EUR

Version ebook :

EAN : 9791032100806

Prix : 15,99 EUR

Comment naquit la guerre de 14

Alfred Fabre-Luce

Préface de Georges-Henri SOUTOU.

 

“La Grande Guerre poursuivit Alfred Fabre-Luce toute sa vie, comme beaucoup de ses contemporains. Mais lui en particulier lui consacra un livre en 1924, La Victoire. Sa véritable obsession était de retrouver les causes et de mettre à jour les responsabilités dans ce qui était à ses yeux une catastrophe européenne. Et en se penchant particulièrement sur la partie française du dossier, ce qui lui valut bien des critiques. Mais il estimait de son devoir de transmettre au public les résultats de ce qui fut une élaboration progressive de sa pensée, au fil des révélations des témoins et des archives. Et du dévoilement des falsifications de documents auxquelles les gouvernements s’étaient livrés et des mensonges des propagandes. La lucidité et la sincérité sur les événements de 1914-1918 étaient pour lui indispensables pour mettre un terme à ce qu’il appelait « l’abdication de l’Europe ». Et sur bien des points les historiens actuels peuvent confirmer ses conclusions.

Les circonstances de  la publication de La Victoire.
Paru juste après la victoire électorale du « Cartel des Gauches » en mai 1924, le livre d’Alfred Fabre-Luce tombe, courageusement, au milieu d’un vrai changement politique, après une campagne électorale très dure. Il tombe également en pleine polémique autour de l’occupation de la Ruhr décidée par Raymond Poincaré, alors président du Conseil, en janvier 1923, occupation qui a entraîné une crise profonde en Allemagne et en Europe et qui a isolé la France, sans lui rapporter les avantages espérés par Paris. À la conférence de Londres de juin-juillet 1924 son successeur Édouard Herriot devait accepter de rentrer dans le rang : Paris renonçait à assurer seul le maintien des traités et passait à la « sécurité collective ». L’Allemagne sortait de la nasse. Les grands vainqueurs étaient la Grande-Bretagne, et, derrière elle, la finance américaine. L’Europe serait reconstruite selon des principes fort différents de ceux que défendait la France depuis 1919, comme devait le confirmer la conférence de Locarno en 1925. A la politique de coercition de Poincaré allait succéder la politique de rapprochement franco-allemand portée par Briand et Stresemann, seule susceptible, Fabre-Luce en était convaincu, de permettre à la France de retrouver un rôle en Europe et d’échapper au rôle solitaire et épuisant de gardien d’une Allemagne perpétuellement abaissée.
Dans ce bouleversement la question des responsabilités dans le déclenchement du conflit en 1914, refoulée pendant l’Union sacrée et la guerre, revient au premier plan de la politique intérieure française, et aussi de la politique internationale. C’est un élément essentiel de la guerre, et avec son instinct politique et sa culture, et aussi ses très nombreuses relations avec les acteurs de l’époque, Fabre-Luce comprend l’importance de l’enjeu.

Le récit de la crise de 1914.
Le récit de la crise de 1914 est donc essentiel. Il est à l’époque très neuf : certes il est fort éloigné de la thèse officielle, exonérant la France et la Russie, mais il le fait de façon objective et souveraine, selon un ton et une approche fort modernes, sans se laisser aller aux excès pacifistes mal informés de bien des commentateurs de l’époque. Sa formule “L’Allemagne et l’Autriche ont fait les gestes qui rendaient la guerre possible ; la Triple Entente a fait ceux qui la rendaient certaine”, est avec le recul la plus juste.
Les historiens actuels, en particulier grâce aux archives françaises que ne pouvait connaître l’auteur, et grâce aux archives russes accessibles depuis peu, ne peuvent que confirmer les intuitions et la perspicacité d’Alfred Fabre-Luce.”

Georges-Henri Soutou

 

Alfred Fabre-Luce est né en 1899. Il est par sa mère le petit-fils d’Henri Germain, fondateur du Crédit Lyonnais. Il fait à Paris des études de lettres et de droit. En 1919 il commence une carrière diplomatique à Londres comme attaché d’ambassade. Au bout d’un an il rentre définitivement à Paris pour devenir journaliste et écrivain.

En 1924 il publie son premier essai, La Victoire. Il analyse la responsabilité de la France et particulièrement de la politique de Raymond Poincaré dans le déclenchement de la Première Guerre mondiale. En 1927 il publie Russie 1927, où il analyse avec beaucoup de clairvoyance le nouveau régime communiste. Par la suite il écrira de nombreux essais et biographies.

Rédacteur en chef de L’Europe Nouvelle (1934-1936) et directeur du journal L’Assaut (1936), il s’oppose avec force au Front populaire. Après une courte carrière politique (conseiller général de l’Ain en 1935) et devant son échec aux élections de 1936, il reprend ses activités de journaliste et d’écrivain. De 1939 à 1946 il écrit Journal de la France, qui sera publié en quatre volumes entre 1940 et 1946. La publication du Journal de France lui vaudra d’être, pour ses critiques envers la politique du maréchal Pétain et la prédiction de la défaite allemande, emprisonné pendant quatre mois.

En 1944 le gouvernement de Vichy le fait à nouveau arrêter. Paradoxalement il est en 1944 interné à Drancy pour suspicion de collaboration. Relâché très vite, il reprend ses activités de journaliste et notamment celles de chroniqueur politique au Figaro.

En 1958 il est favorable au retour au pouvoir du général de Gaulle sous certaines conditions. C’est en 1962 qu’il écrit un essai politique, Haute Cour, sur de Gaulle, qu’il accuse de violer la Constitution. Le livre est saisi et détruit pour offense au chef de l’État.

Né en 1899, marié en 1913 avec Charlotte de Faucigny-Lucinge, il aura deux enfants. Il meurt en 1983. Il continuera à écrire jusqu’à sa mort. Son dernier livre, Double aventure, fut publié en 1983. Durant sa vie il aura écrit plus de 90 livres, dans lesquels, témoin de son siècle, il évoque la politique mais aussi les faits de société de son époque.