Pièces pies et impies

Pièces pies et impies
8 avril 2017 Editions de Fallois

 

Parution : 06/11/1996

Format : 155 x 225 mm

180 pages

EAN : 9782877062787

Prix : 19,81 EUR

Pièces pies et impies

Robert Merle

Lilith, Daemonius, suivis de La Révélation de Ladislas

 

«J’ai rassemblé sous le titre de Pièces pies et impies deux comédies, Lilith et Daemonius, et un conte qui appartient à la même famille : il traite lui aussi un thème religieux.

Lilith, personnage féminin négatif, ne se trouve pas dans le récit de la Genèse. Elle a été introduite après coup par les rabbins de la Cabale, afin de concilier les deux récits contradictoires de la Genèse sur la création du couple humain.

Adam eut donc deux femmes: Lilith et Ève, l’une toute haine et l’autre tout amour. Ce qu’il advint de l’une et de l’autre, j’ai trouvé plaisir et profit à l’imaginer, mais sans pour autant modifier le dénouement de la Genèse.

J’ai tiré Daemonius du Magicien prodigieux de Calderón qui décrit la persécution des chrétiens de Nicomédie sous l’empereur Decius. J’ai imaginé des personnages nouveaux et mon démon, en particulier, n’a rien à voir avec celui de Calderón. Bien qu’il soit odieux — comment ne le serait-il pas? —, il l’est moins bassement que le gouverneur de la province, son lieutenant de police et les petits bourgeois opportunistes de Nicomédie.

La Révélation de Ladislas est un conte contemporain. Son héros, mi-réel mi-imaginé, est un jeune et brillant intellectuel. Sa foi religieuse subit des péripéties étonnantes et il rencontre à la fin un destin ambigu que je ne suis pas sûr de pouvoir expliquer.

Je voudrais dire un mot sur ma position à l’égard de ces pièces. Le Seigneur m’a donné à ma naissance, avec quelques défauts, quelques bonnes qualités, dont je n’ai jamais pu le remercier, puisqu’il ne m’avait pas en même temps accordé le don de la foi. Est-ce pour cela que j’éprouve un grand intérêt et parfois même de la sympathie pour les religions ? Elles simplifient tant de choses, clarifient l’obscur par tant de lumières et sont si réconfortantes… C’est pourquoi sans doute, que je le veuille ou non, dans les pièces qu’on va lire le pie l’emporte de beaucoup sur l’impie. Mais je n’empêche pas le lecteur zélé de penser le contraire.» Robert Merle