Sept conférences sur Marcel Proust

Sept conférences sur Marcel Proust
25 octobre 2018 Editions de Fallois

 

Parution : 16/01/2019

Format : 140 x 220 mm

320 pages

EAN : 9791032102145

Prix : 20 EUR

Sept conférences sur Marcel Proust

Bernard de Fallois

Ce volume d’écrits sur Proust complète l’Introduction à la Recherche publiée en août 2018. Le sujet est assurément le même, mais il est traité dans une perspective différente non plus chronologique (présentation ordonnée des sept grandes parties de la Recherche), mais thématique: qu’est-ce qu’un personnage proustien, quelle est la nature du comique dans la Recherche, quelle vision de l’amour, de la mort et de l’art qui se dégage de ce livre immense? Comment situer Proust par rapport aux grands écrivains du passé (Balzac, Chateaubriand, notamment).

En d’autres termes, Bernard de Fallois, partant de la métaphore architecturale chère à Proust qui comparait son livre à une cathédrale, nous invite à prendre du recul pour mieux voir et mieux comprendre l’unité, la beauté et l’originalité du plus grand monument littéraire du XXe siècle, pour ne pas dire plus.

Prendre du recul, c’est-à-dire s’efforcer de comprendre l’intime liaison de toutes les parties, la rigueur qui a présidé à l’élaboration de chaque personnage (il y en a 800), de chaque détail.

Cette cathédrale désertée lorsque Bernard de Fallois, au début des années 50, a dégagé ses fondements – avec l’édition de Jean Santeuil et du Contre Sainte-Beuve – est aujourd’hui, pourrait-on dire, un chantier en ébullition: les thèses universitaires qu’elle suscite sortent à un rythme industriel. La «bibliographie proustienne» en France est presque aussi proliférante que la «bibliographie shakespearienne» en Angleterre. Le moindre lot de manuscrits proustiens atteint des prix records dans les salles de vente.

Pour le simple lecteur cette surabondance de biens n’est pas entièrement bénéfique. Les nouvelles éditions de Proust (depuis la fin des années 80) se sont développées dans le sens de l’érudition – biographique, génétique, paléographique – au détriment de la simple lecture du texte, sans intermédiaires et sans gloses.

Les Conférences de Bernard de Fallois sont donc un retour aux sources, alors que les « proustiens » de profession – universitaires pour la plupart – accordent une place croissante à leurs propres travaux.

Que Proust a-t-il vraiment dit sur toutes les questions qui intéressent tout le monde ? Quelle est sa place dans notre littérature? Il est difficile en refermant ce recueil de ne pas partager la conviction de l’auteur: c’est la première.

Il rappelle plaisamment qu’après la guerre, Sartre, usant de son magistère, déclarait que nous étions «enfin débarrassés de Proust». Pourquoi? Parce qu’il revendiquait pour lui-même la dignité de Premier Écrivain du Siècle, tout en sachant que la place était déjà prise. On connaît la suite.

Les Sept conférences ici rassemblées (six consacrées aux grands thèmes de la Recherche plus une au parallèle entre Proust et Chateaubriand) sont complétées par une étude intitulée Lecteurs de Proust et qui fut écrite à la fin des années 50. Elle retrace le destin de la Recherche: reconnaissance immédiate du génie proustien, fluctuation de la renommée puis redécouverte et rayonnement au rang de Grand Classique.

 

Conférences ou Causeries?

Nous avons retenu le titre figurant sur la dactylographie définitive des textes, mais Bernard de Fallois emploie constamment le mot de causerie, dont il est superflu de rappeler l’importance dans l’histoire de la critique littéraire.

Ce qu’il faut souligner, c’est que, sous l’apparente simplicité d’une langue orale, accessible à tous, on perçoit le soin et la rigueur de l’écrit. Ce ne sont pas des improvisations enregistrées au magnétophone. Il s’agit d’essais critiques savamment composés, qui portent la marque d’une maîtrise de la langue devenue fort rare aujourd’hui.

Quintessence d’un immense savoir, ces Conférences sont aussi l’œuvre d’un authentique écrivain. C’est en cela qu’elles se distinguent avec éclat d’innombrables études contemporaines.